Plus publié depuis longtemps, la vie suit son cours à Berkeley, les gens me manquent, je me pose des questions sur la vie, mais une chose est sûre c’est que je n’ai pas le temps de m’ennuyer.
Les étudiants de ma maison ont fini leurs partiels et sont rentrés de vacances. L’ambiance est toujours au rendez-vous. Il y a ma coloc, dans la même chambre que moi , top model semblerait-il sur ses photos facebook, toujours bien habillée et pomponnée, il y a toujours du maquillage ou du vernis qui traine quelque part dans la chambre.
Il y a M. la fille de la chambre d’à côté, un peu hippie avec ses pantalons à fleurs. Je l’entends toujours jouer de la guitare et chanter et ma chambre sent toujours bon la fumette.
Il y a L. toujours en mini robe de soirée moulante et talons hauts, avec bas résilles ou sans, avec paillettes ou bien dentelles. Elle dit que c’est ça tenue normale et qu’elle n’aime pas la côte Est car les gens la regarde bizarrement. Je lui ai dit de ne pas aller en France. Elle est littéralement hypersociable, on la voit toujours dans la chambre de quelqu'un d'autre, soit en train de brosser les cheveux (rasés) du texan, soit discuter sur un lit en faisant du streching et des grands écarts. Sinon si ce n'est pas le cas elle est surement dans la cuisine en train de cuisiner pour des gens ou en train de se prendre en photos avec les locataires.
Il y a A. le gai noir de la maison, très expressif, on l’entend souvent crier d’exclamation et applaudir très fort quand il n’est pas d’accord. Il est passionné d’histoire et a travaillé pour la campagne d’Obama. Parfait pour parler (ou l’écouter parler) de la politique des Etats-Unis. Quand à table son coloc texan lui dit que l’histoire, ce n’est pas important, on peut se taper une bonne barre.
Son coloc, c’est le nouveau, il vient du Texas mais il n’ a pas de gun. Parfait pour parler (ou écouter parler) du Texas sous toutes ses coutures.
Il y a E. qui m’embarque souvent dans des soirées pleines de Vodka, et me pose plein de questions sur la sexualité des Européens. Elle me fait manger du beurre de cacahuète, des tortillas et des algues séchées à 2h du matin en me parlant de son dernier plan cul.
Il y a M. l’allemande blonde et sexy, elle connait tout le monde en soirée mais a besoin de renfort quand elle veut draguer.
Il y a des chinoises qui sont plus discrètes, et un français pas très bavard non plus.
Tout ça pour dire que, descendre manger dans la cuinise commune implique une chance sur deux de se faire embarquer dans une discussion passionnée, un jeu d’alcool ou une soirée dans le bar d’à côté. J’aime bien ma maison.
Voilà pour décrire ces deux dernières semaines, se marrer avec les gens de ma maison, manger des glaces, faire les boutiques et trouver des jeans Lewis pas cher, boire des bières pas bonnes, voir des gens pécher des requins à la ligne la nuit, mais quand même un peu travailler et montrer ses résultats sur Power Point à des chercheurs en bredouillant.
Le week end dernier était plutôt chargé aussi, il commença avec une soirée le vendredi dans les rues de Oakland (la ville d’à coté), pour la fête mensuelle, ou des groupes jouent dans tous les coins de rue. Des amis rencontrés en auberge de jeunesse un mois plus tôt m’y ont invité. On s’est connu en parlant de montagnes et de physique, et on continue. Il se trouve que j’ai trouvé une ville semblable à Grenoble et qu’ils ont trouvé une ville semblable à Boulder, dans les Rocky Mountains. On se dit qu’on aime bien les rencontres aléatoires. On boit de la bière et je suis à jeun.
Le lendemain, c’est parti pour assister à un Rodeo avec l’ « équipe » de Frenshies. Les memes que la dernière fois avec Juned à la place de Avery. On commence quand même par faire les magasins dans un outlet géant qui est dans la même ville. Des magasins de marque partout à prix dégriffés. (A prix « dégriffés », pour du Armani ou du Prada, ça ne veut pas dire que c’est accessible…) On se dit qu’on devrait se donner rdv pour se retrouver, mais on a même pas le temps de le faire, les filles et les garçons se sont déjà précipités dans des directions différentes. Il fait plus de 40 degrés. Je laisse Sarah à Hugo Boss pour trouver des toilettes et me désaltérer. Je cherche pendant des heures (temps ressenti), et je trouve enfin des toilettes ou l’eau du robinet n’existe que dans la version chaude. Je me sens comme un chameau dans le désert. Résultat je n’ai acheté qu’une mini robe (en fait deux mais l’autre je l’ai déjà sur moi) et une boisson FRAICHE avec mon sandwich, mais la visite était intéressante.
On se dirige vers le rodeo, il doit faire 50 degrés dans la voiture. Le temps que la clim se mette en marche (1 ou 2 min) on est déjà littéralement en sueur. On s’arrête chez les beaux parents des collègues de Sarah qui ont invité pleins de gens pour l’occasion. La maison blanche est immense, la pelouse est parfaite, les meubles étincellent de propreté et on nous accueille généreusement. La maison et toutes celles du quartier, aussi blanches et aux voitures géantes garées devant, et aux pelouses aussi bien tondues, sont l’illustration parfaite de l’ « American Way Of Life » dont chaque américain blanc devrait rêver.
Dieu merci on choisi une place à l’ombre au Rodeo. Comme Raf le fait remarquer, il n’y a que des blancs dans les gradins, habillés en cow-boys. On se sent dans l’Amerique profonde. Un drapeau américain géant est hissé sur une grue.
Il y a plusieurs épreuves au Rodeo, tenir sur un cheval en furie, attraper une vache avec un lasso, immobiliser la vache, puis sauter sur un veau et le plaquer au sol, puis immobiliser le pauvre veau avec deux lassos, puis une course d’obstacle, etc, pour finir avec…le Rodeo sur le taureau ! Les animaux ne jamais blessés, mais on ne peut pas en dire autant des cowboys ! L’américain de l’Amérique profonde qui me raconte sa vie à ma gauche, dit qu’en 5 ans il a vu 5 mecs se faire tuer écrasés par leur cheval…Dieu merci rien de traumatisant de la sorte aujourd’hui. J’aurais trouvé ça moins marrant.
Le soir, j’ai pris bien chaud, j’ai bien mal à la tête, je rentre à 21 h et m’écroule dans mon lit. J’entends E. qui parle dans le couloir. « Where is Frensh Laura ? » elle ouvre ma porte et me dit de mieux m’habiller car elle veut faire la fête dans les fraternités. Bon, allez, ok. Je découvre enfin de quoi ça ressemble à l’intérieur, c’est grand comme un immeuble mais dédié au bière pong, il y a une salle exprès au sous sol et sur le toit également, d’où on voit tout Berkeley. On ne visite pas les autres car E. cherche juste un ou deux mecs à se mettre sous la dent pour ce soir, européens de préférence. C’est peut être pour ça qu’elle m’a appelé à la rescousse. On retrouve nos autres coloc donc ça va, je ne m’ennuie pas quand elle drague des irlandais. Elle revient furieuse car elle s’est pris un râteau et veut qu’on rentre. Elle dit qu’elle déteste les américains, qui ne pensent qu’à ça. Il parait que les « européens » sont plus gentlemen. Intéressant. D’ailleurs ils sont marrants avec leurs « vous, les européens », mais c’est pareil quand on dit « américains ». C’est comme englober un russe et un français dans le même stéréotype. Je ne vois même pas d’exemple. La Californie est en avance d’environ 50 ans sur la mentalité du Texas, et si j’ai bien compris tous les stéréotypes que l’on reçoit sur les « américains » sont plutôt vrais au Texas, mais pas en Californie. Bon ok, à part qu’ils ont des armes.
Le lendemain, le réveil est dur mais j’ai rendez vous avec mes amis de Vendredi soir pour un brunch géant dans un temple Thaïlandais, à Berkeley. En plein milieu d’un quartier résidentiel un peu perdu, au début j’ai vraiment pensé que mon google map faisait des siennes. Il faut acheter des jetons et c’est parti pour le festin. Je ne sais pas pourquoi ce n’était pas dans le routard, mais maintenant si vous allez à Berkeley vous savez quoi faire le dimanche.
Après la sieste, et oui, je me motive pour atteindre San Francisco et finir mes boutiques frustrantes de la veille. Dans le quartier branché de Mission, les boutiques valent plus le coup. Boutiques de créateurs à prix bradés, boutiques vintage et de seconde main à payer au kilo, robes de soirées à $1, le paradis. Encore mieux quand le routard me dit que je suis devant le meilleur burrito de la ville, dans le quartier mexicain, et que c’est l’heure de manger.





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